Rupture du ligament croisé antérieur : Faut-il opérer ?

Le ligament croisé antérieur (LCA) peut se rompre partiellement ou totalement au cours d’un traumatisme, le plus souvent sportif, à la suite d’un mouvement de torsion ou d’hyperextension.

Lorsqu’il est rompu, ce ligament peut être reconstruit au cours d’une intervention chirurgicale effectuée sous arthroscopie mais cette opération est loin d’être systématique et les indications à opérer ont été parfaitement définies par la Haute Autorité de la Santé afin d’éviter toute chirurgie abusive.

Rôle du ligament croisé antérieur

Pour comprendre les indications opératoires, il faut comprendre le rôle du LCA. Ce ligament est en fait une « corde » composée de fibres conjonctives tendues au milieu du genou entre le fémur et le tibia. Sa fonction est de participer, avec les ligaments collatéraux et les ménisques, à la stabilité du genou dans les mouvements de pivot, c’est à dire les mouvements de torsion avec changement d’appui, afin que le genou ne se dérobe pas. Le LCA n’intervient donc pas lorsque le genou fonctionne dans l’axe.

Par conséquent, une rupture du LCA n’entraîne pas de gêne pour se déplacer dans la vie courante sur un terrain plat car ce ligament n’intervient pas dans ces circonstances. En revanche, lors des changements d’appui et de direction que l’on retrouve notamment dans la pratique des sports de ballon ou de glisse, une instabilité du genou peut apparaître. La rupture du LCA est alors responsable d’une sensation de « fragilité » voire de dérobements du genou.

L’instabilité du genou après une rupture du LCA n’est toutefois pas systématique, loin de là, car les ligaments collatéraux et les ménisques qui participent avec le LCA à la stabilisation du genou dans les mouvements de pivot peuvent suffire à le maintenir.

Indications à reconstruire le ligament croisé antérieur

Genou instable

Quel que soit l’âge du patient, si après une rupture du LCA le genou est instable lors des mouvements de pivot, il n’y a pas d’autre moyen de le stabiliser que de reconstruire le ligament croisé antérieur.

Rupture survenant avant l’âge de 30 ans, même en l’absence d’instabilité

L’instabilité du genou n’est pas systématique après une rupture du LCA. Toutefois, si le genou reste stable c’est notamment grâce aux ménisques qui, du fait de l’absence du LCA, subissent des contraintes beaucoup plus importantes avec un risque de déchirure méniscale très augmenté. Or, avant l’âge de 30 ans, les ménisques ont un rôle très important car, en plus de participer à la stabilité, ils amortissent les impacts que subit le genou et protègent ainsi le cartilage de l’usure c’est à dire de l’arthrose. L’importance des ménisques diminue physiologiquement à partir de l’âge de 30 ans et après l’âge de 40 ans leur capacité d’absorption des impacts est extrêmement diminuée.
On propose donc quasi-systématiquement aux patients de moins de 30 ans de se faire opérer même en l’absence d’instabilité du genou afin de limiter le risque de déchirure secondaire des ménisques qui est un facteur d’arthrose précoce.
Après l’âge de 40 ans, le rôle des ménisques dans la protection du cartilage étant très diminué on ne propose pas de chirurgie pour les protéger et on ne réserve l’opération qu’aux patients présentant un genou instable.
Pour les patients âgés de 30 à 40 ans au moment de la rupture, s’ils ne sont pas instables, c’est la discussion avec le chirurgien qui déterminera s’il vaut mieux opérer ou non en prenant notamment en compte le désir de reprise sportive et la nature des sports pratiqués.

Patient avec profession « à risque »

Pour certaines professions exigeantes sur le plan physique, la reconstruction du LCA est systématique quels que soient l’âge ou la stabilité du genou du patient et ce afin de prévenir un risque de chute intempestive dans des conditions « délicates ». C’est notamment le cas chez les sapeurs-pompiers ou les militaires.

Autres indications

D’autres critères peuvent être pris en compte pour orienter vers une opération alors que le patient ne répond pas aux indications définies précédemment.
Les patients de plus de 30 ou 40 ans avec une pratique importante des sports de pivots peuvent être opérés sans attendre la survenue d’un accident d’instabilité de leur genou et ce afin d’éviter une reprise trop tardive de leur activité sportive.
L’existence d’une lésion réparable d’un ménisque associée à une rupture du LCA chez un patient de moins de 40 ans peut également orienter vers l’opération qui permettra à la fois la suture méniscale et la reconstruction du LCA sans laquelle le ménisque n’a que peu de chance de cicatriser.

En résumé

La stabilité du genou, l’âge, la pratique sportive, la profession et l’état des ménisques sont les critères à prendre en compte pour déterminer si une reconstruction du ligament croisé antérieur est nécessaire. Les précisions nécessaires vous seront apportées lors de la consultation avec un chirurgien orthopédiste spécialisé en chirurgie du sport.

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